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Emmanuel Macron, créature médiatique ou candidat politiquement crédible ?

Publié le 16 Novembre 2016 par Rive gauche in Présidentielle 2017

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » disait Albert Camus.

A chaque élection (ou presque), et ce depuis longtemps, on observe un engouement médiatique pour des personnalités présentées comme étant la potentielle surprise du prochain scrutin.

Qu’est-ce qui différencie une créature médiatique d’un candidat politiquement crédible ? Tout…
La créature médiatique est à la politique ce que le hamburger d’une célèbre marque de fast-food à l’effigie d’un clown est à la cuisine artisanale chère aux gastronomes du sud-ouest.

C’est un produit entièrement artificiel, fabriqué à coups d’apparitions médiatiques, de petites phrases destinées à faire monter les engouements populaires.
Sa candidature n’est pas crédible, c’est son absence totale de poids politique intérieur qui rend sa candidature absolument pas crédible.

Les règles du jeu politique ne sont pas celles de l’exposition médiatique. Il se peut que momentanément, une candidature médiatique apparaisse comme disposant d’une crédibilité politique, mais, dans la très grande majorité des cas, le voile se dissipe.

Plus le candidat médiatique sera exposé et plus il sera recherché et sollicité… Mais il faut encore que la vedette tienne ses promesses, fasse le job autrement dit que le candidat soit à la hauteur de ce qu’on attend de lui, c’est-à-dire qu’il crée du buzz, qu’il garantisse la délivrance de quelques belles petites phrases qui vont être reprises, débattues et qui vont assurer au feuilleton une audience et une visibilité fortes.

Que ce même candidat connaisse un trou d’air, qu’il n’ait plus envie de faire le guignol et d’alimenter la mécanique médiatique, alors son sort sera vite scellé.

Comment expliquer ce goût des médias pour des candidatures pourtant en réalité très incertaines et peu susceptibles de l’emporter lors d’une élection ?

Plusieurs réponses sont possibles ici. Sans en privilégier une principale on peut citer le désir de sortir le scoop et d’être le premier média à avoir flairé le bon coup en ayant détecté le candidat surprise qui va renverser la table et battre tous les favoris.

On peut aussi y voir un mal bien connu dans la presse politique : l’irrépressible besoin de passer du rôle d’arbitre, de chroniqueur des faits qui devraient, à tout le moins, observer une forme de neutralité axiologique, à un rôle d’acteur, et jouer sur le terrain du jeu politique.

Finalement toutes ces velléités sont vouées à un sort le plus souvent commun et partagé : soit la créature craque et refuse de jouer le rôle qui lui a été dévolu, soit la même créature médiatique se met à y croire, se prend pour une vedette politique, devient littéralement ingérable et lasse très vite ses créateurs.
C’est, au sens littéral, ce qui est arrivé à Coluche, pure candidature médiatique, qui retirera sa candidature le 16 mars 1981.

Mon article n'a pas pour but de faire plaisir, non plus de faire du tort, il a pour but essentiel de porter la plume dans la plaie, là où ça fait mal. Il a pour but aussi d'inciter à la réflexion et d'en tirer les conclusions qui s'imposent.

Rive Gauche