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Manuel Valls s'explique sur son refus de parrainer Benoît Hamon

Publié le 19 Mars 2017 par Rive gauche in Présidentielle 2017

Dans une tribune au Journal du dimanche du 19 mars.

"Depuis le soir du second tour de la primaire de la gauche, j'ai respecté scrupuleusement la règle que je m'étais fixée : prendre le recul nécessaire, ne m'exprimer qu'avec un seul souci, l'intérêt du pays, et une seule ligne de conduite - la seule qui vaille - la cohérence.

« Quelle ne fut pas mon incrédulité quand certains, gardiens autoproclamés d’une pureté idéologique, ou d’autres, se revendiquant comme les seuls légataires de la gauche, ont voulu faire de cette cohérence une prétendue “trahison” », s’emporte-t-il.

« Que l’on m’explique ! Quelle serait donc cette trahison qui consiste à refuser ce cynisme ambiant où l’on promet tout et son contraire, où l’on signe des chèques en bois, où l’on fait comme si le monde autour de nous n’existait pas ?

Quelle est donc cette trahison qui consiste à rester fidèle à ses idées et cohérent avec ses engagements ? », fustige M. Valls.

Et M. Valls d’éreinter le programme du candidat PS :

« Comme beaucoup, je ne crois pas que l’avenir de la France passe par une sortie du nucléaire, par l’abandon des règles et des interdits – je pense bien sûr à la légalisation du cannabis –, par le dénigrement de cette valeur qu’est le travail, par une fuite en avant avec le gonflement de notre dette, qui n’est que la promesse de hausses d’impôts. »

« Faire croire tout cela, c’est trahir le passé de ma famille politique. C’est surtout livrer la France à ceux qui préparent le pire des avenirs », met-il en garde.

« Dans ce contexte où notre pays peut basculer vers l’extrême droite, les progressistes et les républicains ont un immense devoir : assumer leurs convictions et défendre cette position centrale, équilibrée, responsable, civique, la seule capable de rassembler les Français », préconise M. Valls.

« Dans un monde incertain, instable, où la menace terroriste est prégnante, il faudra tenir le pays, se dépasser, oublier les vieux clivages », prévient-il.

La gauche dans laquelle je me reconnais, c'est celle qui refuse la facilité des postures, qui agit dans la conquête du pouvoir avec la même exigence qu'impose l'exercice des responsabilités.

Cette gauche, qu'avec tant d'autres j'ai toujours défendue, n'organise pas la rupture - comme c'est le cas aujourd'hui - avec l'ambition de présider aux destinées de notre pays, comme nous venons de le faire depuis cinq ans. Je ne suis pas de ceux qui ont des états d'âme quand il s'agit de revendiquer notre bilan. […]"

« Les débats – cette campagne présidentielle en est l’ultime illustration – prennent une tournure, non plus déroutante, mais alarmante. Vers où va notre démocratie ? Le précipice ? Rien n’est impossible quand on sait que la probabilité d’un régime autoritaire effraie de moins en moins une frange de nos compatriotes », met en garde l’ex-premier ministre.

Pour lire cette tribune en intégralité, retrouvez le JDD du 19 mars