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Le programme fiscal de Jean-Luc Mélenchon

Publié le 10 Avril 2017 par Rive gauche in Présidentielle 2017

Le programme fiscal de Jean-Luc Mélenchon oscille dangereusement entre jusqu'au-boutisme keynésien et collectivisme pur.

Et surtout un paquet de nouvelles dépenses sociales : droit à la retraite à 60 ans à taux plein, remboursement à 100% des dépenses de santé (y compris les soins dentaires et les lunettes), meilleure indemnisation du chômage…

Par ailleurs, le rôle de l’Etat est renforcé partout : hausse du budget de la culture, doublement du budget de la recherche…

Sans oublier le retour des nationalisations, notamment de toutes les entreprises de l’énergie (Total, EDF, Areva etc.). Pour un coût d'acquisition de plus de 140 milliards d'euros.

La France a déjà un des taux de prélèvements obligatoires les plus élevés des pays développés. Avec Mélenchon, il dépasserait 50%, pour atteindre un record historique.

Des prélèvements record : e nombre de tranches de l’impôt sur le revenu passerait de 5 à 14, avec un taux de 100% à partir de 360.000 euros par an.

Ensuite, Jean-Luc Mélenchon vise 100 milliards d’économies sur les niches fiscales et sociales, qui grèvent les recettes de l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés et la Sécu.

S’il venait à être appliqué, le programme de Jean-Luc Mélenchon constituerait une terrible machine à fabriquer de la pauvreté.

Mélenchon prétend stimuler l’activité économique par une augmentation massive de la dépense publique : 273 milliards d’euros sur cinq ans, dont 100 milliards d’investissements seraient financés par un grand emprunt souscrit en début de quinquennat.

Or, un financement par l’emprunt ne se traduit jamais que par un déplacement de la demande au détriment des capacités d’investissement retirées au secteur privé pour le financement de l’économie.

De même, il n’y a aucun fondement logique à vouloir relancer l’économie en écrasant encore davantage les contribuables sous le poids des prélèvements obligatoires (49,1% du PIB à échéance 2022 d’après le cadrage financier rendu public)

La France détient déjà un niveau de pression fiscale (44,7% du PIB) qui fait d’elle l’un des pays les plus socialisés et les plus désincitatifs au monde.

En réalité, la promesse d’une « révolution fiscale » se nourrit chez Jean-Luc Mélenchon d’une conception purement collectiviste de la société

D’où le double postulat mélenchonien :

d’une part, renforcer drastiquement la progressivité de l’impôt en fusionnant, dans un « nouvel impôt citoyen » flanqué d’un barème à quatorze tranches, la CSG aujourd’hui proportionnelle avec l’actuel impôt sur le revenu à cinq tranches ;

d’autre part, surtaxer le capital – qui l’est déjà en cascade – en renforçant l’ISF et les droits de successions, et en plafonnant les héritages.

La surimposition des plus riches et la surtaxation du capital procèdent l’une et l’autre de l’idée fausse, hélas répandue par-delà la gauche radicale, selon laquelle il serait possible d’améliorer durablement le sort des plus démunis en sanctionnant les détenteurs de hauts revenus.

Or, l’impôt extrêmement progressif sur les revenus défendu par Jean-Luc Mélenchon aurait pour principal effet de rendre l’impôt improductif, limitant ainsi la mission « redistributrice » qui lui est assigné.

En bas de l’échelle progressive, l’application de taux légers à des assiettes réduites entraînerait des coûts de recouvrement supérieurs aux recettes fiscales obtenues, en raison des coûts de fonctionnement induits par la mobilisation des fonctionnaires de Bercy.

En haut de l’échelle, l’application de taux confiscatoires (jusqu’à 90% !) détruirait l’assiette fiscale, en poussant à l’exil les contribuables et leurs ressources.

De ce constat, l’impôt sur le revenu à quatorze tranches de Jean-Luc Mélenchon serait une illustration désolante.

Chacun serait en effet d’autant moins incité à créer des richesses que le rendement correspondant serait amputé par la fiscalité progressive.

"Notre programme n’aggrave pas les déficits et la dette publique, il parie sur la croissance", assure Jacques Généreux. Que se passera-t-il si la croissance tant attendue n’est pas au rendez-vous ? Les dépenses seront engagées, mais les recettes, elles, ne suivront pas.

De ce point de vue-là, s’il venait à être appliqué, le programme de Jean-Luc Mélenchon constituerait une terrible machine à fabriquer de la pauvreté.